Les chimpanzés vont-ils nous aider a réinventer la médecine ?

Dans le parc national de Kibale, en Ouganda, au cœur de la forêt équatoriale, la primatologue et maître de conférences au Muséum National d’Histoire Naturelle Sabrina Krief étudie les grands singes depuis plus de 15 ans dans le but d’en savoir un peu plus sur leur médecine. Car oui, il s’agit bien d’une forme de médecine qui permet aux chimpanzés (dans le cas de cette étude) de se soigner d’un grand nombre de maladies dont le paludisme !

On savait déjà que certains animaux comme les chiens ou les chats connaissent des techniques pour se garder en bonne santé (par exemple en avalant de l’herbe pour se purger). Mais les chimpanzés vont bien plus loin. En effet les chercheurs ont découvert que ces grands singes étaient capables de surmonter des maladies en sélectionnant des plantes pharmacologiques comme par exemple les feuilles de Trichilia rubescens, une plante amère dont l’action est proche d’un antipaludique tel que la chloroquine. Mieux encore, pour atténuer l’effet toxique de la plante et optimiser l’efficacité d’une molécule, ces singes avalent aussi de la terre argileuse. L’effet est relativement rapide et soigne une forme de paludisme dont ils sont atteints.

Autre exemple, un jour l’équipe de scientifique a vu une jeune chimpanzé atteinte de troubles digestifs s’éloigner de son groupe, pour aller mâcher l’écorce d’un Albizia. Or ces écorces ne font pas partie du régime alimentaire habituel des primates sauvages. Deux jours plus tard, l’équipe a constaté que les selles de l’animal ne présentaient plus de parasites. En étudiant cette écorce en laboratoire, les scientifiques ont prouvé qu’elle avait bel et bien des propriétés anti-parasitaires et que de surcroît, elle contenait des molécules toxiques pour les cellules cancéreuses !

Bientôt des médicaments pour l’Homme ?

sabrinakrief

Le but de cette étude est bien-évidement de trouver de nouvelles molécules capables de nous guérir, car, ne l’oublions pas, le chimpanzé partage 98 % de son matériel génétique avec l’homme. De fait, les molécules utilisées par les singes, une fois identifiés et étudiés pourront peut-être déboucher sur un traitement efficace contre bon nombre de maladie. Merci qui ?!

Nous ne connaissons plus les bienfaits de la nature

La question, ou plutôt l’affirmation que l’on pourrait en tirer, c’est que les ancêtres des hommes connaissaient probablement les moyens pour utiliser avec succès l’automédication en utilisant uniquement des ressources naturelles. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette connaissance a été perdue avec le temps. En effet, je ne suis pas certain que lâché dans la nature, nous pussions retrouver les plantes capables de nous soigner…

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